Mis à jour le 13 octobre 2026
Voulu par Napoléon pour célébrer ses armées, achevé trente ans plus tard sous un autre régime, l’Arc de Triomphe est devenu le lieu de mémoire de la nation et l’un des plus beaux belvédères de la ville. Sa terrasse offre une vue que même la Tour Eiffel ne propose pas : l’axe parfait du Louvre à La Défense. Voici comment le visiter, et pourquoi il mérite mieux qu’une photo prise depuis le trottoir. Il occupe naturellement une place de choix parmi les monuments incontournables de Paris.
Trente ans de chantier pour un arc
Au lendemain d’Austerlitz, en 1806, Napoléon commande un arc de triomphe à la gloire de la Grande Armée. L’architecte Jean-François Chalgrin dessine un monument colossal, près de 50 mètres de haut et 45 mètres de large, inspiré des arcs romains mais sans colonnes. Les travaux traînent, s’arrêtent avec la chute de l’Empire, reprennent sous la Restauration. L’arc n’est inauguré qu’en 1836, par Louis-Philippe. Napoléon ne le verra jamais debout : c’est son cercueil qui passera dessous en 1840, lors du retour des cendres.
Depuis, l’Arc de Triomphe ponctue les grands moments de l’histoire française : veillée funèbre de Victor Hugo en 1885, défilé de la victoire en 1919, défilés du 14 juillet chaque année, cérémonies du 11 novembre. Il a même été « empaqueté » de tissu argenté pendant deux semaines à l’automne 2021, selon le projet de Christo et Jeanne-Claude.
Lire les façades : sculptures et noms gravés
Prenez le temps de faire le tour avant de monter. Les quatre grands groupes sculptés des piliers racontent la Révolution et l’Empire ; le plus célèbre, côté Champs-Élysées à droite, est Le Départ des volontaires de 1792 de François Rude, plus connu sous le nom de La Marseillaise. Sur les faces intérieures des piliers, des centaines de noms de généraux sont gravés ; ceux qui sont soulignés sont morts au combat. Les grandes batailles de la Révolution et de l’Empire figurent sur les boucliers de l’attique.
Sous la voûte repose depuis 1921 le Soldat inconnu de la Première Guerre mondiale. La flamme du souvenir qui brûle sur sa tombe est ravivée chaque soir à 18h30 par des associations d’anciens combattants, une cérémonie brève, sobre et ouverte au public, jamais interrompue depuis 1923.
Monter à la terrasse de l’Arc de Triomphe
La montée se fait par un escalier en colimaçon de 284 marches. Un ascenseur existe pour les personnes à mobilité réduite et les familles avec poussette, mais il ne dessert que le niveau de l’attique ; les dernières marches restent à gravir. À mi-hauteur, une salle d’exposition explique l’histoire du monument à l’aide de maquettes et de projections.
Sur la terrasse, à environ 50 mètres du sol, le spectacle est géométrique : les douze avenues tracées par Haussmann s’ouvrent en étoile, et l’axe historique se déroule d’un seul regard, de l’obélisque de la Concorde et de la pyramide du Louvre d’un côté jusqu’à la Grande Arche de La Défense de l’autre. La Tour Eiffel, elle, pose de trois quarts au sud-ouest. Comptez 1 heure pour l’ensemble, un peu plus si vous attendez le coucher du soleil.
Billets, gratuité et réservation
Le monument est géré par le Centre des monuments nationaux. La montée est payante pour les adultes ; elle est gratuite pour les moins de 18 ans et les résidents de l’Union européenne de moins de 26 ans, ainsi que pour tout le monde le premier dimanche du mois en basse saison, de novembre à mars. Les jours de cérémonie officielle, l’accès peut être fermé sans préavis.
La réservation en ligne d’un créneau sur la billetterie officielle est vivement conseillée : elle évite la file au guichet, souvent longue en fin d’après-midi. Les pass touristiques multi-monuments incluent généralement l’arc, ce qui en fait une visite « gratuite » supplémentaire si vous en avez déjà un pour d’autres sites.
Comment y aller sans se mettre en danger
La place de l’Étoile est un rond-point sans marquage où convergent douze avenues : ne tentez jamais de la traverser à pied. L’accès se fait par le passage souterrain, dont les entrées se trouvent en haut des Champs-Élysées (côté pair et impair) et sur l’avenue de la Grande-Armée. Depuis le métro Charles de Gaulle – Étoile, suivez simplement la signalétique « Arc de Triomphe » : le couloir débouche directement sous le monument.
Le plus agréable reste d’arriver en remontant les Champs-Élysées à pied depuis la Concorde ou le rond-point des Champs-Élysées : l’arc grossit à chaque pas et la perspective est la plus belle de Paris. Comptez 25 à 30 minutes de marche depuis la place de la Concorde.
Le bon moment et les visites à combiner
Pour la terrasse, deux créneaux gagnants : le matin dès l’ouverture, pour la lumière sur la Défense et l’absence de foule, ou la fin de journée, pour voir les Champs-Élysées s’allumer et la Tour Eiffel scintiller. Le rush se situe entre midi et 17 heures les week-ends.
Amateurs de panoramas, comparez dans la même journée avec la butte Montmartre : la ligne 2 relie Charles de Gaulle – Étoile au Sacré-Cœur de Montmartre en une vingtaine de minutes. Si vous préférez alterner grandeur impériale et joyau médiéval, la ligne 1 vous dépose à Châtelet en dix minutes, à deux pas de la Sainte-Chapelle et de ses vitraux, à visiter idéalement en milieu de journée quand le soleil les traverse.
Questions fréquentes
Sources
- Centre des monuments nationaux (billetterie et horaires de l’Arc de Triomphe).
- Office du tourisme de Paris.
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Tarifs, horaires et conditions de gratuité donnés à titre indicatif : vérifiez les informations officielles à jour avant votre visite.

