Mis à jour le 13 octobre 2026
Le parc Monceau n’est ni le plus grand ni le plus célèbre des jardins parisiens, mais c’est peut-être le plus raffiné. Ses allées courbes, ses fabriques de théâtre et ses immeubles haussmanniens en toile de fond en font un décor de roman du XIXe siècle. Il a sa place dans notre sélection des plus beaux jardins et parcs de Paris, et cette page vous dit comment le visiter, ce qu’il faut y chercher et ce qui l’entoure.
Le parc Monceau, une folie du XVIIIe siècle
Le parc naît à la fin du XVIIIe siècle de la fantaisie du duc de Chartres, futur Philippe Égalité, qui veut un jardin « réunissant tous les temps et tous les lieux ». Le peintre et écrivain Carmontelle y dispose des fabriques exotiques : ruines de temple, minaret, moulin hollandais, pyramide égyptienne. Une partie du domaine est ensuite vendue et lotie, et sous le Second Empire, l’ingénieur Alphand réaménage ce qui reste en jardin public à l’anglaise, inauguré en 1861. Autour, les frères Pereire font bâtir la plaine Monceau, l’un des quartiers les plus cossus de Paris. La grande rotonde à colonnes de l’entrée principale, boulevard de Courcelles, est un ancien pavillon d’octroi de Ledoux, vestige du mur des Fermiers généraux. C’est aussi de ce parc que Garnerin a réalisé, en 1797, le premier saut en parachute de l’histoire.
Ce qu’il faut voir dans le parc
Entrez par la rotonde du boulevard de Courcelles et suivez l’allée circulaire. Sur la droite, vous tombez vite sur la naumachie, un bassin ovale bordé d’une colonnade corinthienne en demi-cercle, dont les colonnes proviendraient d’une chapelle funéraire inachevée des Valois à Saint-Denis. C’est le lieu le plus photographié du parc, surtout le matin quand les colonnes se reflètent dans l’eau. Continuez vers la petite pyramide, seule fabrique d’origine encore en place, puis vers le pont vénitien et l’arcade Renaissance, vestige de l’ancien hôtel de ville de Paris incendié en 1871. Le parc abrite aussi de très beaux arbres remarquables, dont un platane d’Orient planté à la fin du XVIIIe siècle, l’un des plus gros de Paris, et une série de statues d’écrivains et de musiciens (Chopin, Maupassant, Gounod, Musset). Les grilles dorées qui ceinturent le parc et ses quatre entrées monumentales complètent le tableau.
Pique-nique, enfants et joggeurs
Le parc Monceau est un vrai jardin de quartier. Les pelouses sont en partie ouvertes selon la saison : repérez les panneaux, et installez-vous près de la naumachie ou sous les grands arbres pour un pique-nique. Les familles apprécient les aires de jeux, le manège près de l’entrée principale et les promenades à poney le week-end. Le matin, l’allée circulaire est le terrain de course favori des joggeurs du 8e ; en fin de journée, ce sont les nounous, les lycéens et les habitants qui prennent le relais. Quelques kiosques vendent crêpes et boissons, mais les commerces de la rue de Lévis, un peu au nord, ou de la rue de Courcelles feront de bien meilleurs paniers-repas.
Les musées autour du parc Monceau
La visite du parc gagne beaucoup à être combinée avec les hôtels particuliers-musées du quartier. Le musée Nissim de Camondo, rue de Monceau, donne directement sur le parc : cette demeure conçue sur le modèle du Petit Trianon abrite une collection exceptionnelle d’arts décoratifs du XVIIIe siècle, dans une atmosphère intacte, et raconte le destin tragique de la famille Camondo. Le musée Cernuschi, avenue Vélasquez, présente les arts de l’Asie dans un bel hôtel donnant lui aussi sur le parc, et son accès aux collections permanentes est gratuit. Un peu plus loin, le musée Jacquemart-André, boulevard Haussmann, dévoile une demeure de collectionneurs du Second Empire avec un salon de thé très couru. Comptez une heure par musée ; les deux premiers sont fermés le lundi.
Accès, horaires et meilleur moment
Le plus simple est le métro Monceau (ligne 2), dont la sortie débouche sur la rotonde d’entrée. Les stations Courcelles (ligne 2) et Villiers (lignes 2 et 3) sont à cinq minutes, et Miromesnil (lignes 9 et 13) permet d’arriver par le sud à travers les rues élégantes de la plaine Monceau. Le parc ouvre tôt le matin et ferme le soir, plus tard en été ; comme tous les jardins parisiens clôturés, il est fermé la nuit. Le meilleur moment pour les photos est le début de matinée, quand les allées sont vides et la lumière frappe la colonnade. Le printemps, avec les cerisiers et les magnolias, et l’automne, avec les érables, sont les saisons les plus belles. Le parc est en grande partie plat et accessible en poussette ou en fauteuil.
Prolonger la balade dans l’ouest parisien
Le parc Monceau se situe sur la ligne 2, ce qui en fait une étape idéale entre le nord et l’ouest de Paris. En trois stations vers l’ouest, vous atteignez Porte Dauphine et les lacs du bois de Boulogne : de quoi enchaîner un jardin de poche et une grande forêt urbaine dans la même journée. À pied, les Champs-Élysées et l’Arc de Triomphe sont à un quart d’heure au sud-ouest, et les grands magasins du boulevard Haussmann à vingt minutes vers l’est. Pour un autre jardin ancien mais d’esprit très différent, scientifique et botanique, traversez Paris jusqu’au Jardin des Plantes, sur la rive gauche : deux façons de concevoir un jardin au siècle des Lumières.
Questions fréquentes
Sources
- Ville de Paris (paris.fr), fiche du parc Monceau (horaires, règlement).
- Paris Musées (musée Cernuschi) et Les Arts Décoratifs (musée Nissim de Camondo).
- Office du tourisme de Paris.
Passages couverts, grands boulevards, hôtels particuliers : retrouvez tous nos itinéraires dans notre guide complet pour visiter Paris.
Horaires du parc et jours d’ouverture des musées donnés à titre indicatif : vérifiez les informations officielles à jour avant votre visite.

