Mis à jour le 13 octobre 2026
L’Orangerie est un musée à part : petit, presque intime, mais bâti autour d’une œuvre unique que Monet a voulue comme un « asile de méditation paisible ». Rares sont les visiteurs qui n’en ressortent pas apaisés. Ce guide vous explique quand y aller, comment réserver et comment combiner la visite avec les jardins et les musées voisins. Il fait partie de notre tour d’horizon des musées de Paris à voir absolument.
De l’orangerie des Tuileries au musée
Le bâtiment a été construit en 1852 pour abriter, l’hiver, les orangers en caisse du jardin des Tuileries, d’où sa longue façade vitrée orientée au sud. Il fait face au Jeu de Paume, son jumeau symétrique de l’autre côté de la terrasse. Après la Première Guerre mondiale, Claude Monet offre à l’État ses grandes décorations de nymphéas, à condition qu’un lieu spécifique leur soit dédié : l’Orangerie est choisie, et les salles sont aménagées selon ses plans. Les Nymphéas sont inaugurés en 1927, quelques mois après la mort du peintre.
Le musée a été entièrement rénové au début des années 2000 pour rendre aux salles la lumière naturelle que Monet souhaitait, et pour installer la collection Walter-Guillaume au niveau inférieur.
Les Nymphéas : comment les regarder
Les huit panneaux couvrent près de cent mètres linéaires, répartis dans deux salles ovales enchaînées. Aucune ligne d’horizon, aucun cadre : juste la surface de l’étang de Giverny, avec ses reflets de ciel, ses saules et ses nénuphars, du matin au soir. Monet a conçu l’ensemble comme un panorama continu, à l’échelle du corps : on en fait le tour, on s’assoit sur les banquettes centrales, on regarde de loin puis de près, là où les touches de couleur se dissolvent.
Quelques conseils pour en profiter :
- Venez à l’ouverture ou en fin de journée : les salles se remplissent vite en milieu de journée et l’expérience perd beaucoup avec le bruit.
- Regardez d’abord la première salle (les reflets verts, le matin) puis la seconde (les saules, le soir), dans l’ordre voulu par Monet.
- Prévoyez vingt à trente minutes rien que pour ces deux salles, et laissez le téléphone dans la poche un moment.
- Par temps couvert, la lumière est plus douce et les couleurs plus proches de ce que Monet voyait à Giverny.
La collection Walter-Guillaume au sous-sol
Beaucoup de visiteurs repartent après les Nymphéas ; ils ratent un second musée. Au niveau inférieur, la collection réunie par le marchand Paul Guillaume, puis par sa veuve Domenica et son second mari Jean Walter, compte environ 150 tableaux de la fin du XIXe siècle aux années 1930 :
- Une grande série de Renoir (jeunes filles au piano, portraits d’enfants) et de Cézanne (natures mortes, paysages de Provence).
- Des Picasso de la période classique et des Matisse des années niçoises.
- Les portraits allongés de Modigliani, les toiles tourmentées de Soutine, les Paris de Utrillo, les pastels de Marie Laurencin et les scènes naïves du Douanier Rousseau.
Un ensemble cohérent, accroché comme dans l’appartement d’un collectionneur, qui se visite en une petite heure. Des expositions temporaires occupent aussi ce niveau, souvent autour de l’impressionnisme et de ses héritiers.
Billets, réservation et gratuités
L’entrée est payante, gratuite pour les moins de 18 ans, les 18-25 ans résidant dans l’Union européenne et pour tous le premier dimanche du mois. Vérifiez les tarifs sur le site officiel avant de réserver. Le musée étant petit, la jauge se remplit vite : réservez un créneau en ligne, surtout le week-end, pendant les vacances et les jours de pluie, et présentez-vous à l’heure indiquée.
La meilleure formule pour les amateurs d’impressionnisme est le billet jumelé Orsay + Orangerie, valable plusieurs jours et moins cher que deux entrées ; l’Orangerie figure aussi dans le Paris Museum Pass. L’audioguide ou une visite guidée d’une heure donnent les clés de lecture des Nymphéas, qu’on apprécie bien mieux quand on connaît le projet de Monet et l’histoire de Giverny.
Accès et conseils pratiques
Comment y aller : la station Concorde (lignes 1, 8 et 12) est à trois minutes ; l’entrée du musée se trouve sur la terrasse des Tuileries, côté Seine, en montant depuis la place de la Concorde. Depuis le Louvre, il suffit de traverser tout le jardin des Tuileries à pied, un quart d’heure agréable.
Le musée est fermé le mardi. Prévoyez 1 h à 1 h 30 pour Nymphéas et collection permanente, un peu plus avec une exposition temporaire. Un vestiaire est disponible pour les manteaux et petits sacs. Après la visite, le jardin des Tuileries invite à la pause sur une chaise verte au bord d’un bassin, et la rue de Rivoli, juste au nord, aligne salons de thé et cafés.
Autour de l’Orangerie : d’autres musées à combiner
Le musée d’Orsay est à dix minutes à pied, de l’autre côté de la passerelle Léopold-Sédar-Senghor : c’est la suite logique, et le billet jumelé y encourage. De l’autre côté de la Seine aussi, le jardin de sculptures du musée Rodin propose une pause en plein air à un quart d’heure de marche par la rue de Varenne. Et si les Picasso de la collection Walter-Guillaume vous ont plu, le musée Picasso dans le Marais en présente des centaines d’autres, de la période bleue aux dernières toiles, à une station de métro de Concorde par la ligne 1.
Questions fréquentes
Sources
- Site officiel du musée de l’Orangerie (horaires, tarifs, billet jumelé).
- Site officiel du musée d’Orsay.
- Office du tourisme de Paris.
Réservez votre billet jumelé Orsay-Orangerie à l’avance et trouvez où dormir à Paris près des Tuileries pour être aux Nymphéas dès l’ouverture.
Horaires, tarifs et conditions de gratuité donnés à titre indicatif : vérifiez les informations officielles du musée avant votre visite.

