Mis à jour le 13 octobre 2026
« Arrête ! C’est ici l’empire de la mort. » L’inscription gravée à l’entrée de l’ossuaire donne le ton : les Catacombes de Paris ne ressemblent à aucune autre visite. C’est le monument le plus insolite de notre liste des monuments incontournables de la capitale, et l’un de ceux qui affichent complet le plus souvent. Voici comment préparer votre descente.
D’où viennent les Catacombes de Paris
Tout commence par un problème d’hygiène. À la fin du XVIIIe siècle, les cimetières parisiens débordent, en particulier celui des Innocents, près des Halles, dont les fosses communes contaminent le quartier. En 1786, les autorités décident de transférer les ossements dans d’anciennes carrières de calcaire abandonnées sous la plaine de Montrouge. Pendant des décennies, des convois nocturnes déversent les restes de tous les cimetières de la ville.
Au début du XIXe siècle, l’ossuaire est réaménagé pour être visité : les os sont rangés en murs de tibias et de crânes, des plaques indiquent la provenance des ossements, des poèmes sont gravés sur la pierre. Le site est baptisé « catacombes » en référence à celles de Rome, même s’il s’agit à l’origine de carrières. Il fait aujourd’hui partie des musées de la Ville de Paris.
Le parcours de la visite
La visite commence par un escalier en colimaçon de 131 marches. Vous traversez ensuite de longues galeries de carrières, sombres et étroites, où l’on découvre la vie des carriers et une curieuse sculpture : une maquette de forteresse taillée dans la roche par un ancien soldat. C’est seulement après ce préambule que l’on entre dans l’ossuaire proprement dit.
Là, sur plusieurs centaines de mètres, les ossements empilés forment des parois de part et d’autre du passage, parfois disposés en motifs de cœurs ou de croix. L’atmosphère est calme, humide, presque recueillie. Comptez environ 1 heure pour les 1,5 km du parcours, en sens unique. La sortie, par 112 marches, débouche dans une rue voisine : ne laissez rien dans une voiture garée près de l’entrée.
Réserver ses billets : nos conseils
L’accès est payant et strictement limité pour des raisons de sécurité : seules quelques centaines de personnes peuvent se trouver sous terre en même temps. Résultat, la file à l’entrée peut dépasser deux heures sans billet, et il arrive que les visiteurs sans réservation soient refusés. Le réflexe indispensable : réserver en ligne un créneau horaire sur le site officiel, plusieurs jours à l’avance en haute saison, et se présenter à l’heure.
Quelques options à considérer au moment de réserver :
- L’audioguide, très utile car les galeries ne comportent que peu d’explications.
- La visite guidée, qui donne accès à des commentaires plus riches et, selon les formules, à des galeries habituellement fermées.
- Les billets coupe-file proposés par des revendeurs, souvent plus chers que le tarif officiel mais pratiques quand les créneaux officiels sont complets.
Comptez un budget de l’ordre d’une entrée de grand musée par adulte, avec des réductions pour les jeunes, à vérifier sur le site officiel avant votre venue.
Comment y aller et ce qu’il faut savoir
L’entrée se trouve 1 avenue du Colonel-Henri-Rol-Tanguy, sur la place Denfert-Rochereau, dans le 14e arrondissement, face au Lion de Belfort. La station Denfert-Rochereau (lignes 4 et 6, RER B) est juste à côté, ce qui rend aussi le site très accessible depuis l’aéroport d’Orly ou Roissy.
Quelques points pratiques à connaître avant de descendre :
- Il fait 14 °C et le sol est humide : prévoyez une veste et des chaussures fermées, même en plein été.
- Le parcours est inaccessible en fauteuil roulant et déconseillé aux personnes claustrophobes, cardiaques ou à mobilité réduite.
- Il n’y a pas de toilettes ni de vestiaire sur le parcours ; les grands sacs et valises sont refusés.
- La visite est déconseillée aux jeunes enfants, impressionnables dans le noir, et les poussettes ne passent pas.
- Il est interdit de toucher les ossements ; les sacs sont contrôlés à la sortie.
Le site est fermé le lundi. Les créneaux du matin en semaine sont les plus calmes.
Les catacombes, une partie du Paris souterrain
L’ossuaire ouvert au public ne représente qu’une infime portion d’un réseau de carrières de plusieurs centaines de kilomètres qui court sous le sud de Paris. Le reste est interdit d’accès, même si des explorateurs clandestins, les « cataphiles », y descendent illégalement. Si le sujet vous passionne, notre dossier sur le Paris souterrain, des égouts aux carrières présente les autres lieux où l’on peut légalement passer sous la ville.
Que faire avant ou après la visite
Le quartier Denfert-Rochereau est agréable pour une pause. Le parc Montsouris est à dix minutes à pied, le cimetière du Montparnasse et ses tombes célèbres à cinq. Pour revenir à la lumière, rien de tel que le Paris monumental de la rive droite : la ligne 4 puis la ligne 1 vous mènent vers l’obélisque et les fontaines de la place de la Concorde, ou un peu plus loin vers les dorures du pont Alexandre III. Le contraste entre l’obscurité des galeries et l’or de la Belle Époque résume Paris à lui seul.
Questions fréquentes
Sources
- Site officiel des Catacombes de Paris, Paris Musées (billets, horaires, conditions d’accès).
- Office du tourisme de Paris.
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Tarifs, horaires et conditions d’accès donnés à titre indicatif : vérifiez les informations officielles à jour avant votre visite.

