Le quartier du Temple, dans le 3e arrondissement de Paris, doit son nom à l’Ordre du Temple, installé là dès le XIIe siècle. Son histoire se lit aujourd’hui dans trois lieux : l’enclos du Temple (disparu), le Carreau du Temple et le marché des Enfants Rouges. Si vous vous intéressez à l’histoire du Marais et du 3e arrondissement, ce secteur n’est pas qu’un ancien ordre religieux : c’est aussi un lieu de pouvoir, de commerce et de transformations urbaines majeures.
L’essentiel à retenir : le quartier du Temple doit son nom aux Templiers, installés là dès le XIIe siècle, et son histoire se lit en trois lieux.
- L’enclos du Temple était un espace fortifié avec une tour, aujourd’hui disparu.
- Le Carreau du Temple est le dernier grand vestige de l’ancien marché du quartier.
- Le marché des Enfants Rouges est le plus ancien marché de Paris encore en activité.
- Le quartier a longtemps été un lieu de commerce très prospère.
- Les sites sont faciles à rejoindre autour de la station Temple ou dans le 3e arrondissement.
Mis à jour le 12 octobre 2026
Qu’était l’enclos du Temple et que reste-t-il de ce lieu ?
L’enclos du Temple était un vaste terrain entouré de murs, situé à l’origine à l’extérieur de Paris. Il réunissait des champs, des bâtiments et un système défensif impressionnant. Ce n’était pas seulement un lieu religieux, mais aussi une place forte, pensée pour protéger les biens et les personnes de l’Ordre. La pièce maîtresse de l’ensemble était la Tour du Temple, un donjon massif qui dominait l’enclos.
Quand l’Ordre du Temple est dissous en 1312 par Philippe le Bel, l’enclos est conservé par la Couronne. Ce point explique pourquoi le lieu ne disparaît pas immédiatement : il change de fonction au fil des siècles. Il devient ensuite tristement célèbre lorsque Louis XVI et sa famille y sont incarcérés avant l’exécution du roi. Cette séquence a fortement chargé le lieu d’une dimension politique et symbolique.
Napoléon fait détruire le dernier vestige de l’enclos pour éviter qu’il ne devienne un lieu de pèlerinage royaliste. Il ne reste plus aujourd’hui qu’un plan du site et quelques traces au sol. Vous ne verrez donc pas un monument spectaculaire, mais vous marcherez sur un espace dont la mémoire est encore très présente dans le tissu urbain.
- Angle des rues Dupetit-Thouars et Gabriel-Vicaire, 3e
- M° Temple
Que faut-il comprendre sur ce lieu avant d’y passer ?
L’enclos n’existe plus physiquement, mais son importance historique est majeure. C’est typiquement le genre d’endroit où l’absence de vestige visible peut tromper le visiteur. C’est l’histoire du site, plus que son architecture actuelle, qui en fait un point clé du quartier.
Comment le Carreau du Temple est-il devenu un lieu de commerce puis de culture ?
Le Carreau du Temple raconte une autre facette du quartier : celle du commerce. La Rotonde du Temple est construite en 1788 pour accueillir les marchands, attirés par les avantages fiscaux historiquement accordés aux Templiers. Le lieu devient rapidement un espace très actif, pensé pour le négoce et les échanges.
Le marché était organisé autour de quatre carrés, chacun avec sa spécialité : articles de mode, cuir, linge de maison et ferraille. Entre ces halles et la Rotonde se trouvait aussi un « carreau », où l’on vendait surtout des vêtements d’occasion. Le site formait ainsi un pôle commercial de proximité, très vivant et très spécialisé.
Au fil du temps, le marché décline. La charpente en bois est remplacée par une structure métallique en 1860, mais cela ne suffit pas à enrayer son recul. Le démantèlement se fait morceau par morceau, jusqu’à la disparition progressive du marché historique. Le bâtiment actuel est donc un héritage reconstruit et réhabilité, pas une simple conservation figée. En 2014, le site est entièrement réhabilité, ce qui lui redonne une place forte dans le quartier, notamment pour les événements, le sport et la culture.
- 2 rue Perrée, 3e
- M° Temple
Pourquoi ce lieu compte-t-il encore aujourd’hui ?
Le Carreau du Temple montre comment un ancien espace marchand peut être transformé sans perdre son identité. C’est un exemple parlant de reconversion urbaine réussie à Paris. Le site a changé de fonction, mais il reste associé à l’idée d’échange, de passage et de vie de quartier.
Pourquoi le marché des Enfants Rouges est-il si particulier ?
Le marché des Enfants Rouges est sans doute le lieu le plus vivant de cette histoire. Construit en 1628, il répond à un besoin concret : accompagner l’expansion du quartier du Temple au XVIIe siècle et faciliter l’acheminement des marchandises. C’est aujourd’hui le plus vieux marché de Paris encore en activité, ce qui le rend précieux sur le plan patrimonial comme pour une visite.
Son nom vient de l’Hospice des Enfants Rouges, un orphelinat fondé un siècle plus tôt par Marguerite de Valois. Les enfants y portaient une cape rouge, d’où cette appellation restée dans la mémoire collective. Ce détail montre comment l’histoire sociale du quartier s’est mêlée à son histoire commerciale.
Vendu à la Ville de Paris en 1912, le marché a failli disparaître dans les années 1990. Sa survie tient autant à son intérêt patrimonial qu’à la mobilisation des riverains. Sans cette vigilance locale, le lieu aurait pu perdre sa fonction et devenir un simple décor. Il a conservé ses bâtiments et son activité, ce qui en fait un exemple rare de continuité urbaine à Paris.
- 39 rue de Bretagne, 3e
- M° Filles-du-Calvaire
Que change cette visite pour vous ?
Si vous voulez découvrir le quartier autrement qu’à travers ses monuments les plus connus, ce marché est une excellente porte d’entrée. Vous y voyez un lieu historique encore utile au quotidien, ce qui est assez rare. C’est aussi l’un des meilleurs endroits pour ressentir le lien entre patrimoine, vie de quartier et activité commerciale.
Comment lire l’histoire du quartier du Temple aujourd’hui ?
L’erreur la plus fréquente consiste à chercher un « grand monument templier » encore debout. L’intérêt du quartier est ailleurs : dans les traces, les noms, les reconversions et les usages successifs. L’histoire du Temple se lit dans la superposition des époques plutôt que dans un seul édifice intact.
Vous pouvez y voir trois logiques à l’œuvre : un ancien espace fortifié disparu, un lieu marchand réinventé et un marché ancien toujours actif. Cette diversité explique pourquoi le quartier reste si riche à explorer. Une simple balade devient une vraie lecture historique du Paris médiéval, royal et commerçant.
Pour aller plus loin, reliez ces sites dans un même parcours à pied, puis poursuivez par un dîner chez Septime, restaurant bistronomique. Vous comprendrez vite que le Temple n’est pas seulement un nom : c’est une mémoire urbaine encore vivante.

