Mis à jour le 13 octobre 2026
À Paris, le café n’est pas qu’une boisson : c’est une institution née au XVIIe siècle, où se sont écrites des pages de la Révolution, du surréalisme et de l’existentialisme. S’asseoir sur une banquette de moleskine du Flore ou sous les fresques de La Coupole, c’est entrer dans un morceau d’histoire pour le prix d’un express. Dans le cadre de notre guide des spécialités gourmandes de Paris, voici les cafés historiques qui méritent vraiment que l’on y pousse la porte.
Le Procope, le plus ancien café historique de Paris
Ouvert en 1686 par le Sicilien Francesco Procopio dei Coltelli, Le Procope, au 13 rue de l’Ancienne Comédie (6e, métro Odéon, lignes 4 et 10), est considéré comme le plus vieux café de Paris encore en activité. Voltaire, Diderot et Rousseau y ont discuté ; Danton, Marat et Robespierre l’ont fréquenté pendant la Révolution. Aujourd’hui c’est un restaurant au décor XVIIIe reconstitué, avec des souvenirs exposés (dont un chapeau attribué à Napoléon). On y vient pour l’histoire plus que pour la table : un café ou un dessert au salon suffit à profiter de l’atmosphère. La cour du Commerce-Saint-André, passage pavé à l’arrière, est l’un des plus charmants de la rive gauche.
Saint-Germain-des-Prés : le Flore et les Deux Magots
Le Café de Flore
Au 172 boulevard Saint-Germain (métro Saint-Germain-des-Prés, ligne 4), le Flore, ouvert en 1887, fut le quartier général de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, qui y écrivaient chaque jour pendant l’Occupation pour profiter du chauffage. Apollinaire, Prévert et plus tard le monde de la mode y ont pris table. Décor Art déco rouge et acajou, serveurs en veste blanche, terrasse mythique. Le chocolat chaud est la commande classique ; l’œuf à la coque et le croque-monsieur, les plats fétiches des habitués.
Les Deux Magots
Sur la place Saint-Germain-des-Prés, face à l’église, Les Deux Magots (café depuis 1885) tirent leur nom de deux statues chinoises toujours visibles à l’intérieur. Verlaine, Rimbaud, Hemingway, Picasso et les surréalistes y ont eu leurs habitudes ; le café décerne encore chaque année un prix littéraire. La terrasse offre la plus belle vue sur le clocher roman de l’église. Ces deux voisins se disputent la clientèle depuis plus d’un siècle : la rivalité fait partie du folklore.
Montparnasse : les cafés des Années folles
Dans les années 1920, le centre du monde artistique s’est déplacé au carrefour Vavin (métro Vavin, ligne 4). La Rotonde (1911) a accueilli Modigliani, Picasso et Lénine ; Le Dôme, en face, les artistes américains ; Le Select, Hemingway et Fitzgerald. La Coupole, boulevard du Montparnasse, a ouvert en 1927 avec ses piliers peints par des artistes de Montparnasse et sa salle immense : c’est aujourd’hui une brasserie classée où l’on vient pour le décor Art déco et le curry d’agneau historique. Un peu plus loin, La Closerie des Lilas (1847) conserve des plaques de cuivre au nom de ses clients célèbres sur les tables : Hemingway y aurait écrit une partie du Soleil se lève aussi. Son bar-piano est le plus intime des cafés historiques de Paris.
Rive droite : Opéra, Champs-Élysées et Palais-Royal
Le Café de la Paix, place de l’Opéra (métro Opéra, lignes 3, 7 et 8), a ouvert en 1862 dans le Grand Hôtel dessiné pour l’Exposition universelle. Plafonds peints, dorures Second Empire, vue sur le palais Garnier : c’est le plus somptueux de la liste, et le plus cher. Sur les Champs-Élysées, Le Fouquet’s (1899) reste l’adresse du cinéma français, avec ses boiseries et sa terrasse d’angle. Au Palais-Royal, le Grand Véfour (1784), sous les arcades, est un restaurant gastronomique plus qu’un café, mais son décor de boiseries peintes classé est l’un des plus anciens de Paris. Pour une pause plus douce, Angelina, rue de Rivoli (1903), sert son célèbre chocolat chaud sous un décor Belle Époque, à mi-chemin entre café historique et salon de thé ; c’est d’ailleurs l’une des adresses que nous recommandons dans notre guide du meilleur chocolat de Paris.
Bien profiter d’un café historique sans se ruiner
- Commandez simple : un café, un thé ou un chocolat chaud. Les repas y sont chers pour une cuisine de brasserie correcte mais rarement exceptionnelle.
- Choisissez votre place : en terrasse, on paie souvent plus cher qu’au comptoir. Le comptoir est aussi le plus authentique.
- Venez en milieu de matinée ou en milieu d’après-midi, hors repas : les tables se libèrent et le service est plus détendu.
- Observez le décor : miroirs, banquettes, luminaires, plaques commémoratives. C’est pour cela que vous êtes là.
- Pas de réservation pour un simple café ; pour dîner à La Coupole ou au Procope, réserver est conseillé le week-end.
Si le budget compte, sachez qu’un express au comptoir d’un café de quartier coûte une fraction du prix ; le café historique se vit comme une visite de monument, une fois, pour le plaisir.
Un itinéraire des cafés historiques à pied
Commencez au Procope le matin, traversez le boulevard jusqu’à la place Saint-Germain-des-Prés (Flore, Deux Magots, Brasserie Lipp en face), descendez la rue de Rennes puis le boulevard Raspail jusqu’au carrefour Vavin (Rotonde, Dôme, Select, Coupole) et terminez à la Closerie des Lilas à l’entrée du jardin du Luxembourg côté sud. Une bonne heure de marche, une demi-journée avec les pauses. Aux beaux jours, la rue passe naturellement par l’île Saint-Louis pour une pause fraîcheur : nos adresses figurent dans notre sélection des meilleurs glaciers de Paris.
Questions fréquentes
Sources
- Sites officiels des établissements cités (Le Procope, Café de Flore, Les Deux Magots, La Coupole, Café de la Paix).
- Office du tourisme de Paris.
Retrouvez tous nos itinéraires, monuments et quartiers dans notre guide complet pour visiter Paris.
Adresses, horaires et tarifs donnés à titre indicatif : vérifiez les informations officielles de chaque établissement avant votre visite.

