Mis à jour le 13 octobre 2026
Paris n’a pas de cacao, mais elle a des chocolatiers, et parmi les meilleurs du monde. Chaque année, le Salon du Chocolat rappelle que la capitale reste le centre de gravité de cette gourmandise, entre maisons bicentenaires et jeunes artisans qui torréfient eux-mêmes leurs fèves. Cette page, prolongement de notre guide des spécialités gourmandes de Paris, vous emmène à la recherche du meilleur chocolat de Paris, tablette après tablette.
Comment reconnaître le meilleur chocolat de Paris
Un grand chocolat se juge à l’éclat (une tablette brillante, qui casse net), au parfum (fruité, fleuri, boisé selon l’origine des fèves) et à la longueur en bouche. Les chocolatiers parisiens travaillent deux métiers distincts : la couverture (le chocolat lui-même, acheté à un fabricant ou produit sur place depuis la fève, on parle alors de bean-to-bar) et les bonbons de chocolat : ganaches, pralinés, caramels enrobés. Un chocolatier peut exceller dans les bonbons sans fabriquer sa couverture, et inversement. Quand vous entrez dans une boutique, demandez une ganache nature et un praliné : ce sont les deux tests les plus révélateurs.
Les maisons historiques
À la Mère de Famille (9e)
Au 35 rue du Faubourg Montmartre (métro Grands Boulevards, lignes 8 et 9), cette confiserie fondée en 1761 est la plus ancienne de Paris. La façade et l’intérieur, avec leurs bocaux et leurs comptoirs en bois, n’ont presque pas changé. On y trouve chocolats, pâtes de fruits, calissons, guimauves et glaces en été. D’autres boutiques existent dans Paris, mais celle-ci est un monument.
Debauve & Gallais (7e)
Rue des Saints-Pères (métro Saint-Germain-des-Prés ou Rue du Bac), la maison fondée en 1800 par un ancien pharmacien du roi a fourni la cour et compte encore parmi ses spécialités les « pistoles de Marie-Antoinette », fines palets de chocolat. La boutique néoclassique est classée. Chocolat sobre et peu sucré, à l’image du lieu.
Les chocolatiers-artistes
Patrick Roger
Meilleur Ouvrier de France et sculpteur sur chocolat, Patrick Roger expose dans ses boutiques turquoise (boulevard Saint-Germain, place de la Madeleine, rue de Rennes) des pièces monumentales en cacao. Ses demi-sphères (caramel, citron vert, amande) et ses tablettes d’origine sont parmi les plus réputées de Paris.
Jacques Genin
Au 133 rue de Turenne, dans le haut Marais (métro Filles du Calvaire, ligne 8), Jacques Genin est vénéré pour ses caramels (mangue-passion, fruit de la passion), ses pâtes de fruits et ses ganaches d’une finesse rare. Son chocolat chaud, épais et intense, est une référence en hiver.
Jean-Paul Hévin et Jean-Charles Rochoux
Jean-Paul Hévin, rue Saint-Honoré (1er) et rue Vavin (6e), est l’un des chocolatiers les plus titrés de France : tablettes de grands crus, macarons au chocolat, chocolat chaud au salon de thé. Jean-Charles Rochoux, rue d’Assas (6e), est un artisan plus discret dont les pralinés et sculptures animalières valent le détour. Si vous hésitez entre chocolat et macaron pour un cadeau, notre comparatif des meilleurs macarons de Paris vous aidera à trancher.
La nouvelle vague bean-to-bar
Depuis les années 2010, plusieurs manufactures parisiennes torréfient et broient leurs propres fèves. Le Chocolat Alain Ducasse a ouvert la voie avec sa Manufacture de la rue de la Roquette (11e, métro Bastille ou Ledru-Rollin), où l’on voit les machines à travers la vitre ; tablettes d’origine et « mendiants » sont ses stars. Plaq, rue du Nil (2e, métro Sentier), est une petite manufacture qui explique volontiers son processus et propose des dégustations comparées d’origines. Ces adresses sont idéales si vous aimez comprendre ce que vous mangez : le goût du terroir (Madagascar, Pérou, Vietnam) y est mis en avant sans sucre superflu. Comptez un budget de l’ordre d’un dessert de restaurant pour une tablette : c’est le prix d’un produit vraiment artisanal.
Où boire un chocolat chaud digne de ce nom
Le chocolat chaud parisien n’a rien à voir avec une poudre diluée : c’est un chocolat fondu, épais, servi en pichet. Les adresses les plus célèbres : Angelina, rue de Rivoli (1er), pour son « Africain » servi avec chantilly ; Jacques Genin, dans le Marais ; Jean-Paul Hévin au salon de thé de la rue Saint-Honoré ; et Carette au Trocadéro ou place des Vosges. Chez Les Deux Magots ou au Café de Flore, à Saint-Germain, le chocolat chaud est aussi une tradition, à déguster en terrasse chauffée l’hiver : nous racontons ces lieux dans notre article sur les cafés historiques de Paris.
Conseils pratiques pour acheter et rapporter du chocolat
- Évitez l’été pour les bonbons de chocolat : les ganaches supportent mal la chaleur. Les tablettes résistent mieux.
- Demandez un ballotin plutôt qu’un sachet et conservez-le entre 15 et 18 °C, jamais au réfrigérateur (le chocolat blanchit).
- Les ganaches se dégustent sous deux semaines, les pralinés un peu plus longtemps, les tablettes plusieurs mois.
- Le Salon du Chocolat, chaque automne à la Porte de Versailles, réunit des centaines d’exposants : réservez vos entrées en ligne à l’avance, les week-ends sont bondés.
- Ateliers et dégustations : plusieurs maisons proposent des cours de chocolaterie ou des visites de manufacture sur réservation, souvent complets le samedi.
Pour un circuit à pied, le triangle Saint-Germain / rue du Bac / Sèvres-Babylone concentre Debauve & Gallais, Patrick Roger, Jean-Paul Hévin, Jean-Charles Rochoux et plusieurs autres en moins d’une heure de marche.
Questions fréquentes
Sources
- Sites officiels des chocolatiers cités (À la Mère de Famille, Debauve & Gallais, Patrick Roger, Jacques Genin, Le Chocolat Alain Ducasse).
- Salon du Chocolat de Paris.
- Office du tourisme de Paris.
Saint-Germain-des-Prés et le Marais sont parfaits pour cela : consultez nos recommandations pour savoir où dormir à Paris.
Adresses, jours d’ouverture et tarifs donnés à titre indicatif : vérifiez les informations officielles de chaque maison avant de vous déplacer.

