Mis à jour le 13 octobre 2026
Dans une rue étroite et pavée du Marais, une odeur de friture et de coriandre attire une foule permanente : c’est la rue des Rosiers, et son falafel est devenu l’un des plats de rue les plus emblématiques de Paris. Bon marché, généreux, rapide, il est parfait entre deux musées. Nous l’avons inclus dans notre guide des spécialités gourmandes de Paris parce qu’il raconte un quartier autant qu’il nourrit. Voici où trouver le meilleur falafel du Marais et comment le déguster comme un habitué.
Pourquoi le falafel est-il une spécialité du Marais ?
Le secteur de la rue des Rosiers, surnommé le Pletzl (« petite place » en yiddish), est le quartier juif historique de Paris depuis le Moyen Âge, renforcé par les immigrations d’Europe de l’Est au début du XXe siècle puis d’Afrique du Nord après les années 1950. Les épiceries, boulangeries yiddish et traiteurs y côtoient depuis des décennies les échoppes de cuisine israélienne et méditerranéenne. Le falafel, boulette de pois chiches frite d’origine levantine, s’y est imposé dans les années 1970-1980 comme le plat rapide du quartier. Aujourd’hui, la rue est aussi bordée de boutiques de mode, mais la rue des Rosiers et la rue des Écouffes gardent leur identité, avec leurs devantures colorées et leurs vendeurs qui prennent les commandes dans la file.
L’As du Fallafel, l’adresse la plus célèbre
Au 34 rue des Rosiers, la façade verte de L’As du Fallafel est reconnaissable à sa file, qui s’étire souvent jusqu’au coin de la rue. Ouvert depuis 1979, ce restaurant a bâti sa légende sur un « falafel spécial » très garni : pita chaude, cinq ou six boulettes croustillantes, aubergines frites, chou rouge et blanc, concombre, houmous, sauce blanche et harissa sur demande. On peut manger en salle, mais le guichet à emporter est plus rapide et moins cher. Point important : l’établissement respecte le shabbat, il est donc fermé le vendredi en fin d’après-midi et le samedi, ainsi que lors des fêtes juives. Un samedi, tournez-vous vers les voisins.
Les autres bonnes adresses de la rue des Rosiers
Chez Hanna
Presque en face de L’As, Chez Hanna est l’alternative préférée de nombreux Parisiens : falafels un peu plus épicés, pita bien garnie, file plus courte et ouverture le samedi. Certains habitués le placent même devant son célèbre voisin. La salle à l’étage est pratique pour s’asseoir les jours de pluie.
Mi-Va-Mi
À l’angle de la rue des Rosiers et de la rue des Écouffes, Mi-Va-Mi propose une carte plus large (shawarma, assiettes, salades) avec une petite terrasse. Son falafel est plus léger en sauce, ce qui plaît à ceux qui trouvent le « spécial » de L’As trop copieux.
Chez Marianne
Rue des Hospitalières-Saint-Gervais, à deux pas, Chez Marianne est une institution plus ancienne, restaurant-traiteur aux assiettes de mezze (houmous, tarama, aubergines, feuilles de vigne) et sandwichs falafel à emporter par une fenêtre sur la rue. L’ambiance est plus calme, la terrasse agréable aux beaux jours.
Pour le dessert, la boulangerie Sacha Finkelsztajn (la façade jaune, rue des Rosiers, depuis 1946) vend strudels, cheesecakes et pâtisseries yiddish : le complément naturel d’un falafel.
Comment commander et déguster son falafel
- Choisissez votre formule : le sandwich pita à emporter est la base ; l’assiette en salle permet de goûter plus de garnitures.
- Précisez la sauce : harissa (piquante) ou non. Les vendeurs demandent souvent dans la file, avant même que vous arriviez au comptoir.
- Prévoyez des serviettes : le pita déborde. Les habitués le mangent penché en avant, sur le trottoir.
- Où s’asseoir : la place des Vosges (cinq minutes à pied), le square Charles-Victor-Langlois juste derrière la rue, ou les quais de Seine côté Hôtel de Ville.
- Le budget : c’est l’un des repas les moins chers du centre de Paris, de l’ordre d’un menu de fast-food pour un sandwich très copieux.
Le bon moment et les pièges à éviter
La rue des Rosiers est prise d’assaut le dimanche midi, jour où le Marais est l’un des rares quartiers de Paris aux boutiques ouvertes. Pour éviter la file, visez le déjeuner tôt (avant 12 h 30), le milieu d’après-midi ou le dîner en semaine. Les rabatteurs des échoppes voisines peuvent vous orienter vers des adresses moins réputées : ne vous laissez pas détourner de celles citées ici. Vérifiez aussi le calendrier des fêtes juives : plusieurs établissements ferment ces jours-là, parfois plusieurs jours de suite.
Le falafel se marie très bien avec une glace pour terminer : Pozzetto et Bachir, deux adresses de notre sélection des meilleurs glaciers de Paris, sont à moins de cinq minutes à pied. Et si vous préférez composer votre propre repas, le marché couvert des Enfants-Rouges, dans le haut Marais, figure dans notre guide des marchés alimentaires de Paris : ses stands marocains, japonais ou italiens sont une excellente alternative le samedi, quand L’As du Fallafel est fermé.
Prolonger la balade dans le Marais
La rue des Rosiers débouche sur la rue Vieille-du-Temple et ses bars, à deux pas du musée Carnavalet (histoire de Paris, collections permanentes gratuites) et du musée Picasso. Vers le sud, la rue Pavée mène à la synagogue Art nouveau de Guimard, puis à la rue Saint-Antoine et à la place des Vosges. Vers l’ouest, on rejoint le Centre Pompidou en dix minutes. Un falafel à midi, un musée l’après-midi, une glace au retour : c’est l’itinéraire le plus efficace pour découvrir le Marais en une demi-journée.
Questions fréquentes
Sources
- Sites et pages officielles des établissements cités (L’As du Fallafel, Chez Marianne).
- Office du tourisme de Paris.
Quartiers, monuments, musées et bonnes adresses : tout est réuni dans notre guide complet pour visiter Paris.
Adresses, jours d’ouverture et tarifs donnés à titre indicatif : vérifiez les informations officielles de chaque établissement avant de vous déplacer.

