Quand tu te promènes dans Paris, tu croises souvent des rues aux noms surprenants. Certaines évoquent des animaux, mais derrière ces appellations se cachent presque toujours une histoire de déformation de mot, de légende populaire ou de vieux métiers disparus. Si tu t’es déjà demandé pourquoi il existe une rue du Chat qui Pêche, une rue du Pélican ou une rue aux Ours, tu es au bon endroit : voici l’origine de ces trois noms parmi les plus curieux de la capitale.
L’essentiel a retenir : les rues parisiennes aux noms d’animaux ne parlent pas toujours d’animaux réels.
- La rue du Chat qui Pêche vient d’une légende médiévale.
- La rue du Pélican est liée à une ancienne appellation déformée.
- La rue aux Ours ne parle pas d’ours, mais d’un mot ancien lié aux oies.
- Ces noms racontent l’histoire sociale, religieuse et commerciale de Paris.
- Leur origine se comprend mieux en regardant le Moyen Âge et les vieux métiers.
- Ces rues sont faciles à visiter et idéales pour une balade historique dans Paris.
La rue du Chat qui Pêche
Si tu cherches la rue la plus étroite de Paris, c’est bien celle-là. Et son nom est encore plus étonnant que ses dimensions. La légende raconte qu’au 15e siècle, un chanoine nommé Dom Perlet pratiquait l’alchimie avec un chat noir. Le félin était si habile qu’il pêchait des poissons dans la Seine d’un simple coup de patte. Des étudiants auraient alors cru que l’homme et l’animal ne faisaient qu’un, dans une sorte de diablerie. Pris de peur, ils auraient tué le chat et l’auraient jeté dans le fleuve. Le chanoine aurait ensuite disparu à son tour… avant de réapparaître plus tard avec son chat, ce qui a renforcé la légende.
Concrètement, cette histoire explique pourquoi la rue porte un nom aussi singulier. Elle a été ouverte en 1540, à une époque où les maisons étaient très serrées et où l’espace manquait pour créer de grandes voies. Dans les faits, ce type de ruelle illustre bien le Paris médiéval : dense, compact, souvent labyrinthique. Si tu passes dans le quartier, tu comprends immédiatement pourquoi cette rue a gardé une telle réputation.
- La rue du Chat qui Pêche, 5e
- Métro Saint-Michel
La rue du Pélican
Ne t’attends pas à y croiser des pélicans : le nom n’a rien à voir avec l’oiseau. En réalité, il provient d’une déformation progressive d’un ancien surnom, la « rue du Poile-au-con ». Ce nom médiéval faisait allusion à la présence de nombreuses boutiques à péchés, autrement dit à des prostituées qui proposaient leurs services aux passants. À l’abri de la muraille de Philippe Auguste, l’activité pouvait se développer plus discrètement, ce qui explique l’ancrage de ce surnom dans le quartier.
Ce que cela change pour toi, c’est que le nom actuel est le résultat d’une longue transformation linguistique. Sous la Révolution française, la rue est même renommée « Rue Purgée », dans l’idée de faire partir ces femmes de petite vertu. Mais dans la pratique, les tentatives de moralisation n’ont pas vraiment suffi. Ce n’est qu’en 1806 qu’elle prend définitivement son nom actuel. C’est un bon exemple de rue parisienne où l’histoire des mots raconte aussi l’histoire des comportements et des politiques urbaines.
- Rue du Pélican, 1er
- Métro Palais-Royal – Musée du Louvre
La rue aux Ours
Là encore, le nom trompe un peu. Il ne vient pas d’ours, mais d’une corruption du mot « Oues », qui signifiait « oies » en vieux français. La rue, ouverte au 13e siècle, doit son surnom à la présence de cuisiniers oyers dans le secteur Saint-Martin et Saint-Denis. En clair, on est ici dans un quartier lié aux métiers de bouche, à la transformation des aliments et à la vie commerçante du Paris ancien.
Avec le temps, ces cuisiniers ont laissé place aux rôtisseurs au 16e siècle. Puis sont arrivés les poulaillers, les chaircuitiers et les regrattiers. Si tu t’intéresses à l’histoire urbaine, cette rue est particulièrement parlante : elle résume à elle seule la manière dont les métiers s’installent, se remplacent et structurent un quartier. Dans les faits, elle donne un aperçu très concret des commerces de bouche médiévaux et de leur organisation.
- Rue aux Ours, 3e
- Métros Etienne Marcel et Rambuteau
Pourquoi ces noms de rues racontent si bien Paris
Si tu observes ces trois exemples, tu remarques vite un point commun : les noms de rues à Paris ne sont pas décoratifs. Ils conservent la mémoire d’une légende, d’un ancien mot, d’un métier disparu ou d’un usage social oublié. C’est ce qui rend la toponymie parisienne si riche. Une simple plaque de rue peut te raconter un pan entier de l’histoire de la ville, sans avoir besoin d’un musée.
En pratique, ces noms sont aussi un excellent repère pour comprendre l’évolution des quartiers. Certains évoquent des croyances médiévales, d’autres la vie quotidienne, d’autres encore les transformations politiques. Si tu aimes les balades urbaines, prendre le temps de lire les noms de rues change complètement la visite : tu ne regardes plus seulement un plan, tu lis une archive à ciel ouvert.
Comment reconnaître l’origine d’un nom de rue à Paris
Dans la majorité des cas, un nom de rue parisienne appartient à l’une de ces grandes familles :
- une légende locale, comme pour la rue du Chat qui Pêche ;
- une déformation linguistique, comme pour la rue du Pélican ou la rue aux Ours ;
- un ancien métier, très fréquent dans les quartiers historiques ;
- une référence religieuse, politique ou commerciale, souvent liée à l’histoire du lieu.
Concrètement, si un nom de rue te paraît étrange, il faut toujours te demander s’il n’a pas changé de forme au fil des siècles. C’est souvent là que se cache la vraie explication. Les erreurs les plus fréquentes consistent à prendre le nom au pied de la lettre, alors qu’il s’agit presque toujours d’une transformation historique ou phonétique.
Les erreurs fréquentes quand on interprète ces noms
La première erreur, c’est de croire qu’un nom de rue décrit forcément une scène réelle. Non, une rue du Pélican ne signifie pas qu’il y avait des pélicans à Paris. La deuxième erreur, c’est d’oublier l’évolution du langage : entre le vieux français, les surnoms populaires et les déformations successives, un nom peut changer complètement de sens. Enfin, il faut éviter de lire ces appellations avec nos repères actuels, parce qu’elles renvoient à une ville très différente de celle qu’on connaît aujourd’hui.
Dans la pratique, la bonne méthode consiste à replacer le nom dans son époque. Si tu fais ça, tu comprends beaucoup mieux la logique du quartier et tu évites les contresens. C’est d’ailleurs ce qui rend l’histoire des rues parisiennes aussi passionnante : elle oblige à regarder au-delà des apparences.
FAQ
Pourquoi la rue du Chat qui Pêche porte-t-elle ce nom ?
Elle porte ce nom à cause d’une légende médiévale liée à un chanoine, un chat noir et la Seine. L’histoire raconte que des étudiants auraient cru à une diablerie, ce qui a nourri le nom de la rue. En réalité, la rue a aussi une histoire urbaine très concrète, puisqu’elle a été ouverte en 1540 dans un espace très étroit.
La rue du Pélican a-t-elle vraiment un lien avec l’oiseau ?
Non, son nom n’a pas de lien avec un pélican réel. Il vient d’une déformation d’un ancien surnom médiéval, puis d’une évolution progressive du nom au fil du temps. C’est un bon exemple de toponyme parisien dont le sens d’origine a disparu.
Pourquoi la rue aux Ours ne parle-t-elle pas d’ours ?
Parce que son nom vient du mot ancien « Oues », qui signifiait « oies ». La transformation du mot a fini par donner « Ours », sans rapport avec l’animal. Cette rue reflète surtout l’histoire des métiers de bouche dans le Paris ancien.
Où se trouve la rue du Chat qui Pêche ?
Elle se trouve dans le 5e arrondissement de Paris. Elle est proche du métro Saint-Michel. C’est aussi l’une des rues les plus étroites de la capitale.
Où se trouve la rue du Pélican ?
Elle se trouve dans le 1er arrondissement de Paris. La station de métro la plus proche est Palais-Royal – Musée du Louvre. Son histoire est liée aux transformations linguistiques et urbaines du centre de Paris.
Où se trouve la rue aux Ours ?
Elle se trouve dans le 3e arrondissement de Paris. Les stations Étienne Marcel et Rambuteau permettent d’y accéder facilement. Son nom rappelle l’ancien Paris commerçant et ses métiers de bouche.

