Le quartier de Ménilmontant s’explique par trois lieux : le cimetière du Père-Lachaise, le regard Saint-Martin et la villa de l’Ermitage. Avant son rattachement à Paris, le hameau est un village très populaire. On y produit des fruits, des céréales et du vin sur les collines, et la nuit, les petits bistrots se multiplient près du mur des Fermiers Généraux pour attirer ceux qui veulent boire sans trop dépenser. Ce passé explique encore le charme un peu à part du quartier : en vous y promenant, vous sentez vite que vous êtes dans un ancien village devenu parisien. Pour situer le secteur, voyez notre guide du 20e arrondissement, de Belleville au Père-Lachaise.
L’essentiel à retenir : Ménilmontant a gardé une identité de village au cœur de Paris, avec un patrimoine très contrasté entre mémoire populaire, lieux historiques et petites rues préservées.
- Le quartier a longtemps vécu de la vigne, des cultures et des bistrots.
- Le Père-Lachaise est la grande nécropole du secteur, créée au début du 19e siècle.
- Le regard Saint-Martin rappelle l’ancien réseau d’eau potable de Ménilmontant.
- La villa de l’Ermitage conserve une ambiance rurale et artistique.
- Ces lieux se visitent facilement à pied ou en métro.
Mis à jour le 12 octobre 2026
Pourquoi le cimetière du Père-Lachaise a-t-il été créé à Ménilmontant ?
Le cimetière du Père-Lachaise, qui porte le nom du confesseur de Louis XIV, est créé au début du 19e siècle, comme ceux de Montmartre au nord, Montparnasse au sud et Passy à l’ouest. Ces cimetières sont ouverts pour pallier la fermeture du cimetière des Innocents, vidé à cause de son insalubrité et de sa position, en plein cœur des Halles. À l’époque, ils sont encore hors de Paris, puisque l’annexion à la capitale n’a lieu qu’en 1860.
Au départ, le lieu ne compte que 13 tombes. Mais le transfert des cercueils d’Héloïse et Abélard, Molière et La Fontaine quelques années plus tard change tout : le site devient rapidement un lieu de mémoire recherché, puis l’une des adresses les plus connues de Paris. Aujourd’hui, avec ses 44 hectares, il rassemble environ 69 000 tombes. Si vous voulez le visiter, prévoyez du temps : on ne le parcourt pas comme un simple square, mais comme un véritable paysage historique.
- 8 boulevard de Ménilmontant, 20e
- M° Philippe Auguste
La force du Père-Lachaise tient aussi à sa manière de raconter l’évolution de Paris : hygiène publique, urbanisme, mémoire des grands noms, et transformation des marges de la ville en lieux emblématiques. C’est l’un des sites les plus riches du secteur.
À quoi servait le regard Saint-Martin ?
Le regard Saint-Martin faisait partie du réseau qui acheminait l’eau de source de Ménilmontant. Les sources d’eau potable sont nombreuses sur les collines du quartier. Pour conserver la pureté de l’eau jusqu’à sa destination finale, on construit dès le Moyen Âge des ouvrages en pierres sèches enterrés qui donnent sur des réservoirs : les regards. Ce sont des éléments techniques discrets, mais essentiels pour comprendre comment Paris a longtemps été alimenté en eau avant les réseaux modernes.
Le nom de certains regards vient des congrégations religieuses qui les ont construits. Le regard Saint-Martin renvoie ainsi à l’abbaye Saint-Martin-des-Champs, tandis que celui de la Roquette alimentait les religieuses de la Roquette. Le regard de la lanterne doit, lui, son nom au lanternon qui orne son sommet. Ces ouvrages sont devenus rares : il n’en subsiste que 18 aujourd’hui, et seulement 8 sont encore visibles, les autres ayant été recouverts par les bâtiments.
- 42 rue des Cascades, 20e
- M° Ménilmontant
Si vous vous intéressez au patrimoine caché, c’est un lieu particulièrement parlant. Il ne cherche pas à impressionner par sa taille, mais par ce qu’il révèle : l’ingénierie de l’eau, l’organisation religieuse du territoire et la manière dont Paris s’est construit sur des infrastructures souvent invisibles. Pour une promenade plus complète, découvrez les trésors cachés de Ménilmontant.
Que reste-t-il du Ménilmontant rural à la villa de l’Ermitage ?
La villa de l’Ermitage est l’une des dernières cités qui rappellent le village d’autrefois. Au 19e siècle, les champs de vignes et les terres maraîchères laissent place aux usines à Ménilmontant. L’essence rurale du village disparaît peu à peu au profit de l’industrialisation. Mais quelques cités résistent encore à la pression des promoteurs, dont la villa de l’Ermitage.
On trouve trace de cette ruelle sur les cadastres en 1812. Les maisons, dotées de jardins, ne dépassent pas trois étages. Ce détail compte beaucoup : dans un quartier densifié, cette faible hauteur et la présence de végétation changent immédiatement l’ambiance. Les entrées en fer forgé, les volets colorés et les petites façades donnent une impression de calme presque inattendue. La villa abrite aussi un théâtre et plusieurs ateliers d’artistes, ce qui en fait un lieu vivant, pas seulement un décor patrimonial.
- 14 rue de l’Ermitage et 313 rue des Pyrénées, 20e
- M° Ménilmontant
La villa montre bien ce que Ménilmontant a de plus précieux : des poches de village restées lisibles malgré la ville autour. Si vous cherchez un Paris plus intime, plus humain et moins uniforme, elle mérite le détour. Pour d’autres coins verts, suivez l’idée de balade la campagne à Paris dans le 20e.
Pourquoi Ménilmontant garde-t-il un charme de village ?
Ce qui frappe à Ménilmontant, ce n’est pas seulement la présence de quelques sites connus, mais l’ensemble : des traces agricoles, des infrastructures anciennes, des ruelles préservées et des lieux de mémoire qui cohabitent dans un même périmètre. On passe en quelques rues d’un Paris populaire à un Paris patrimonial, puis à un Paris presque secret.
Si vous visitez le secteur, prenez le temps de lever les yeux, de regarder les façades, les dénivelés et les passages plus discrets. C’est souvent là que se cache ce qui fait la singularité du quartier. La soirée venue, poussez la porte des meilleurs bars de Ménilmontant, héritiers des bistrots d’autrefois.

