Le restaurant pop up des Cuistots Migrateurs est le lieu où ce projet de cuisine du monde, lancé en 2016, accueille le public. Derrière cette adresse, il y a une idée simple et forte : valoriser des cuisines authentiques à Paris tout en créant des opportunités concrètes pour des personnes migrantes. Il ne s’agit pas seulement d’un restaurant ou d’un traiteur, mais d’une aventure humaine, sociale et culinaire. Pour d’autres belles tables de la capitale, consultez aussi notre guide pour savoir où manger à Paris.
L’essentiel à retenir : les Cuistots Migrateurs mêlent cuisine du monde, engagement social et intégration professionnelle.
- Le projet est né en 2016 d’une envie de valoriser des cuisines authentiques.
- L’activité a d’abord reposé sur le traiteur et les réceptions.
- Les cuisiniers migrants sont recrutés via des associations partenaires.
- L’objectif est aussi de favoriser l’insertion et la reconstruction en France.
- Le restaurant Café Pop Up a renforcé la visibilité du projet.
Mis à jour le 12 octobre 2026
Qui sont les Cuistots Migrateurs et comment le projet est-il né ?
Avant d’ouvrir leur restaurant Pop Up, les Cuistots Migrateurs ont construit leur projet pas à pas. Le démarrage remonte à 2016, avec une idée claire : proposer une cuisine du monde plus visible, plus sincère et plus fidèle à ses origines. Louis Jacquot et Sébastien Prunier, les deux fondateurs, partent d’un constat : à Paris, l’offre est riche, mais la cuisine étrangère est souvent trop standardisée ou déformée pour plaire au plus grand nombre.
Leur démarche ne s’arrête pas à l’assiette, car elle s’inscrit dans un contexte social fort. À l’automne 2015, la crise migratoire occupe l’espace médiatique, souvent sous un angle anxiogène. Les fondateurs choisissent l’angle inverse : montrer que des personnes arrivant en France apportent aussi des compétences, des traditions et des recettes. De là naît une entreprise qui associe restauration, traiteur événementiel et mission d’insertion.
Le modèle repose sur une double promesse : une expérience culinaire authentique et un impact humain visible. C’est ce qui lui permet de séduire à la fois des particuliers, des entreprises et un public curieux de découvrir une autre façon de faire de la cuisine du monde.
Pourquoi proposer une cuisine du monde fidèle aux origines ?
Louis Jacquot explique que lui et son associé ont beaucoup voyagé. En revenant à Paris, ils constatent que les cuisines venues d’ailleurs sont présentes, mais pas toujours respectées dans leur identité. On trouve facilement des plats « inspirés » de plusieurs pays, beaucoup plus rarement une proposition fidèle à une culture culinaire précise. C’est ce manque qu’ils veulent combler.
Au lieu de simplifier à l’extrême les recettes pour les rendre plus « grand public », ils misent sur l’authenticité. Le choix est exigeant : il demande des chefs formés, un vrai travail de transmission et une attention constante aux produits, aux gestes et aux assaisonnements.
Quel rôle jouent le traiteur et les événements ?
Au départ, les Cuistots Migrateurs se développent grâce à une activité de traiteur et de réception. Buffets, cocktails, prestations pour entreprises ou particuliers : ce format leur permet de faire découvrir leur cuisine à un public large, tout en construisant leur réputation. C’est souvent ainsi qu’un projet culinaire de niche gagne en crédibilité : il commence par des missions ponctuelles, prouve sa qualité, puis élargit son audience.
Ce modèle a aussi un avantage concret : il donne de la souplesse au développement de l’équipe et permet d’intégrer progressivement de nouveaux profils. Pour qui lance un projet similaire, le traiteur peut être un bon levier pour tester une offre, se faire connaître et stabiliser l’activité avant d’ouvrir un lieu fixe.
Qui travaille en cuisine, et comment les cuisiniers sont-ils recrutés ?
Aux fourneaux, l’équipe rassemble des cuisiniers venus de Syrie, du Bangladesh, du Népal, d’Éthiopie, d’Iran ou encore du Sénégal. Ce mélange n’a rien d’un argument marketing superficiel : il reflète la réalité du projet. Les recrutements passent souvent par des associations comme France Terre d’Asile, qui orientent des personnes vers l’entreprise.
Les critères sont simples, mais exigeants : un niveau minimal de français et une vraie passion pour la cuisine. Il ne suffit pas de savoir cuisiner : il faut aussi s’intégrer à une brigade, comprendre les consignes, travailler en équipe et évoluer dans un cadre professionnel français. C’est ce qui rend l’accompagnement sur place indispensable.
Les Cuistots Migrateurs ne se contentent donc pas d’embaucher : ils forment, encadrent et font monter en compétence. Pour les chefs, les bénéfices sont concrets : un emploi stable, plus d’autonomie, des perspectives de logement et, souvent, une intégration plus rapide.
En quoi la cuisine devient-elle un levier d’intégration ?
Le projet repose sur l’idée que la cuisine peut être un outil d’insertion, pas seulement une activité économique. Un chef qui retrouve un cadre de travail, une reconnaissance professionnelle et une progression possible reprend aussi confiance. L’exemple de Faaeq, premier cuisinier syrien de l’équipe, l’illustre : son niveau technique n’était pas forcément très élevé au départ, mais il a appris, progressé et pris des responsabilités jusqu’à devenir chef de partie.
C’est ce qu’un projet de ce type doit permettre : transformer un savoir-faire brut en compétence professionnelle durable. Il ne s’agit pas seulement de « donner une chance », mais de construire une vraie trajectoire de métier.
Pourquoi ouvrir un restaurant pop up ?
L’ouverture d’un restaurant Pop Up marque une étape importante dans le développement des Cuistots Migrateurs. Ce format leur permet d’aller à la rencontre d’un public plus large, dans un quartier vivant et très fréquenté. C’est un lieu stratégique : il crée de la proximité, offre une vitrine plus visible et fait découvrir l’univers de la marque dans des conditions plus immersives.
Concrètement, le restaurant offre une expérience plus directe que le traiteur : le client voit l’ambiance, les équipes, les plats et le rythme du service. Cela renforce la confiance et donne du relief au projet. C’est aussi un bon moyen d’installer une identité plus forte auprès du public local. Un pop up étant par nature un lieu temporaire, pensez à vérifier sa disponibilité avant de vous déplacer.
Pour le visiteur, c’est aussi une façon simple de soutenir le projet : en vous installant à table, vous goûtez une cuisine préparée par les chefs de l’équipe et vous découvrez de l’intérieur l’esprit des Cuistots Migrateurs. Il reste préférable de consulter leurs informations à jour avant de venir, notamment les horaires et la carte.
Où se trouve le restaurant ?
- 22 Rue Condorcet, 93100 Montreuil
Si l’envie vous prend de prolonger la découverte, vous pouvez aussi lire notre test de Caché, restaurant intimiste au Père Lachaise, ou chercher un restaurant pour une soirée musicale. Les amateurs de cuisine américaine iront chez Razowski, et ceux qui préfèrent l’eau à proximité s’installeront à La Rotonde au bord du canal.
Que retenir si vous voulez vous inspirer de leur modèle ?
Pour qui s’intéresse à l’entrepreneuriat culinaire ou aux projets à impact, les Cuistots Migrateurs montrent plusieurs bonnes pratiques. D’abord, partir d’un constat précis du marché. Ensuite, construire une offre cohérente avec ses valeurs. Enfin, s’appuyer sur un modèle économique réaliste avant de passer à un lieu physique. Cette progression fait souvent la différence entre une belle idée et un projet viable.
Il faut aussi éviter un piège fréquent : réduire ce type d’initiative à une communication « solidaire ». La force du projet tient à l’équilibre entre exigence culinaire, professionnalisation des équipes et impact social. Si l’un de ces piliers disparaît, l’ensemble perd en crédibilité.

