La ligne 2 du métro parisien a été inaugurée par la CMP en 1903, mais son tracé n’a rien eu de simple. Entre les voies ferrées arrivant aux gares du Nord, de l’Est et de Saint-Lazare, le canal Saint-Martin et les contraintes du sous-sol parisien, les ingénieurs ont dû composer avec de nombreux obstacles. Sous la direction de Fulgence Bienvenüe, ils ont conçu des portions aériennes et des sections en grande profondeur. La ligne suit aussi l’ancien mur des Fermiers Généraux, détruit 25 ans plus tôt, ce qui explique en partie sa logique urbaine.
L’essentiel à retenir : la ligne 2 du métro parisien a été ouverte en 1903 par la CMP et a dû s’adapter à des contraintes urbaines majeures.
- Son tracé suit l’ancien mur des Fermiers Généraux.
- Les gares et le canal Saint-Martin ont compliqué les travaux, dirigés par Fulgence Bienvenüe.
- La station Porte Dauphine conserve un édicule Art Nouveau de Guimard et son carrelage d’origine.
- L’incendie de Couronnes, en 1903, a profondément marqué l’histoire de la sécurité du métro.
- La station Jaurès possède des vitraux créés en 1989 par Jacques-Antoine Ducatez.
Mis à jour le 12 octobre 2026
Que reste-t-il de l’époque Guimard à la station Porte Dauphine ?
Le grand édicule de la station Porte Dauphine, surnommé « libellule », est l’un des derniers exemples encore visibles du travail de Guimard. Pour qui s’intéresse au patrimoine du métro parisien, c’est une station à regarder de près, car elle concentre plusieurs éléments d’origine préservés : le carrelage, le panneau et l’entourage de la marquise.
Sa valeur ne tient pas seulement à son esthétique Art Nouveau. On y retrouve aussi la signature personnelle de Guimard sur le panneau « métropolitain », un détail rare qui renforce son intérêt historique. Le carrelage intérieur est lui aussi précieux : il s’agit du premier carrelage utilisé par la CMP lors de la construction du métro.
Pourquoi le carrelage blanc biseauté est-il devenu la norme ?
Le choix du carrelage blanc biseauté n’est pas qu’une question de style. Il a été progressivement adopté parce qu’il reflète mieux la lumière, ce qui améliore la lisibilité et le confort visuel dans les stations. C’est aujourd’hui une norme du métro parisien. À Porte Dauphine, à l’exception de quelques carreaux rénovés dans le bas de la station, l’ensemble reste d’origine : vous pouvez y observer le métro tel qu’il était pensé au départ.
Que s’est-il passé à la station Couronnes en 1903 ?
L’histoire du métro parisien comporte aussi des épisodes tragiques, et la station Couronnes en est un exemple marquant. Quatre mois seulement après l’ouverture de la ligne 2 entre Porte Dauphine et Nation, un incendie éclate le 10 août 1903 dans un train composé de voitures en bois, à Barbès.
Au départ, l’évacuation semble maîtrisée : les passagers sortent et le train vide repart vers Nation. Mais l’incendie reprend de la vigueur à l’arrivée à Couronnes, où la motrice explose. La suite de la ligne n’a pas été évacuée malgré l’heure de pointe. Le bilan est de 84 morts par asphyxie aux stations Couronnes et Ménilmontant.
Quelles conséquences ce drame a-t-il eues ?
Ce drame a eu des conséquences très concrètes sur l’évolution du métro. La CMP a dû revoir les matériaux utilisés pour les rames, en abandonnant progressivement les voitures en bois, et renforcer sa réflexion sur les procédures d’évacuation. Pour comprendre pourquoi le métro parisien a évolué vers des normes de sécurité plus strictes, cet accident est un tournant majeur.
Que voir à la station Jaurès ?
La station Jaurès illustre une autre facette du métro parisien : son lien avec l’histoire, la mémoire et l’art. Ses vitraux ont été réalisés par l’artiste verrier Jacques-Antoine Ducatez et commandés en 1989 par la RATP pour célébrer le bicentenaire de la Révolution française. Le drapeau bleu, blanc, rouge qui s’en dégage renvoie directement à cette commémoration.
Le choix de cette station est aussi lié à son environnement. Sa proximité avec le quai de Valmy et le quai de Jemmapes évoque deux victoires révolutionnaires. Comme la station est aérienne, elle profite de la lumière zénithale, ce qui valorise les vitraux dans la journée.
Pourquoi la station s’appelle-t-elle Jaurès ?
La station ne s’est pas toujours appelée ainsi. Elle portait auparavant le nom de Rue d’Allemagne, avant d’être rebaptisée en hommage à Jean Jaurès, journaliste pacifiste assassiné en 1914 au début de la Première Guerre mondiale. Ce changement de nom montre que le métro parisien ne transporte pas seulement des voyageurs : il raconte aussi l’histoire politique et symbolique de la ville.
Visiter ces trois stations permet de lire l’histoire de la ligne 2 à l’échelle de la ville. Vous passez d’un décor Art Nouveau à un lieu de mémoire, puis à un site qui mêle vitrail et histoire politique, le tout sur une même ligne ouverte dès 1903. Prenez le temps de lever les yeux : beaucoup de détails d’origine se remarquent à peine au milieu de la foule.
Que disent ces stations du métro parisien ?
Ces trois stations montrent que le métro parisien n’est pas seulement un réseau de transport. C’est aussi un objet technique, patrimonial et mémoriel. Porte Dauphine témoigne de l’héritage Art Nouveau et de l’attention portée aux matériaux. Couronnes rappelle les exigences de sécurité nées d’un drame. Jaurès prouve que le métro peut servir de support à une mise en valeur artistique et historique.
C’est ce mélange qui rend la ligne 2 si intéressante : elle relie l’ingénierie, l’architecture et l’histoire sociale de Paris. Ces stations sont de bons repères pour comprendre comment le réseau s’est construit, transformé et sécurisé au fil du temps. Pour poursuivre, lisez l’histoire de la ligne 12, celle de la ligne 7 ou encore le passé de la ligne 5.

